Antoine Perrot

Ses articles

« Comme une manche retournée demeure une manche » (Aragon)

L’usage de matériaux industriels, partagé par un certain nombre de peintres contemporains, provoque un changement de paradigme pictural : rupture de la tradition moderniste ou continuité d’une peinture négociant avec le monde ? Pour saisir ce bouleversement, les expérimentations de Pierre Soulages avec du plastique noir, puis leur abandon, permettent d’interroger ce qui est mis en jeu dans la pratique picturale et dans la position occupée par l’artiste. S’agit-il de préserver le rapport classique entre l’artiste, l’œuvre et le spectateur, ou comme le suggèrent les œuvres d’un autre artiste, Claude Briand-Picard, de retourner la peinture, comme une manche, pour en travailler la réalité ?

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Ralentir peintures : réponses à un questionnaire

Publication des 47 réponses reçues à la suite de l’envoi par Antoine Perrot d’un questionnaire à des artistes, critiques et philosophes. Les questions étaient les suivantes :
1. À quelle peinture avez-vous affaire ou souhaitez-vous avoir affaire ?
2. Vous apparaît-il qu’existe quelque chose comme « un lieu pictural », qui serait ou ne serait pas celui de l’image ?
3. Pouvez-vous donner des exemples où l’utilisation de la peinture comme argument vous a énervé(e) ?
4. Y a-t-il des pratiques ou des discours qui, parce qu’ils bousculeraient la peinture, vous laissent perplexe ou vous semblent vivifiants ?
5. Pourquoi la peinture se maintient-elle ?

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La peinture : une possibilité négative ?

Restitution très partielle et partiale d’une quarantaine de réponses reçues à un questionnaire adressé à des artistes, des critiques et des philosophes. Ces réponses — plus particulièrement les réponses à la cinquième question : « Pourquoi la peinture se maintient-elle ? » — dessinent un engagement dans la peinture qui revendiquerait une temporalité partagée entre une origine, lieu de légitimation, et un présent arrêté : puisque la peinture est toujours déjà-là, faisons de la peinture. La peinture aurait ainsi acquis une inefficacité active, qu’on pourrait appeler, sous la forme d’un oxymore, une possibilité négative.

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Peindre après la mort de la peinture.

Violence et reprise dans les œuvres de Steven Parrino.

En clamant « peindre après la mort de la peinture », Steven Parrino affirme par la violence qu’il perpètre contre le support de la peinture et non pas contre la peinture elle-même, que seul un geste de révolte peut mettre fin à la fétichisation à laquelle la peinture minimaliste et monochrome ont abouti. De cette violence qui laisse apparaître à la fois le processus formel et codé de la peinture et sa reprise, surgit de manière ambiguë une réappropriation de la peinture : comment un geste radical, un geste pictural contre la peinture – et pas aussi destructeur qu’annoncé - ouvre-t-il une nouvelle expérience de la peinture ?

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À propos

Antoine Perrot est artiste, maître de conférences en arts plastiques (Université Paris1 Panthéon-Sorbonne). Site

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